À l’opéra, chaque représentation nécessite une coordination et une précision digne d’une haute technologie. L’organisation et la logistique y sont millimétrées comme du papier à musique.

Le lourd rideau s’ouvre devant les 1 200 spectateurs de la salle comble. Quelques toussotements se font entendre puis se perdentau profit des premières mesures de « Tristan et Isolde », de Wagner. Les notes se dessinent à chaque mouvement de baguette, à chaque feuillet de partition, pour mieux s’effacer. Et pourtant, à l’opéra de Lyon, les productions éphémères perdurent depuis 1687.

Ingénierie – Plus de 120 techniciens s’affairent pour animer la scène. En régie, les ingénieurs lumière activent un projecteur, dès le « top » donné par le régisseur plateau, sorte de chef d’orchestre des coulisses. Pendant ce temps, les cintriers, perchés à une vingtaine de mètres au-dessus des planches, manoeuvrent les 6 cintres, capables de supporter des décors lourds de 500 kilos.

Machines-outils –  Les cintres sont complétés par 68 porteuses, utilisées pour descendre et monter un accessoire, comme un lustre. Ils peuvent porter des charges pesant jusqu’à 250 kilos. Le tout est actionné par 24 moteurs électriques, qui sont contrôlés depuis des pupitres de commandes, sur lesquels les cintriers pianotent. Côté éclairage, 500 projecteurs, préparés en amont avec un filtre de couleur et d’intensité différentes, permettent de créer plusieurs ambiances lumineuses.

Services support Avant le spectacle, on perçoit le bruissement des robes frôlant le sol, des notes de violons s’accordant et du souffle chaud des sèche-cheveux. Six coiffeurs et six maquilleuses sont chargés de s’occuper des choeurs. Chaque chanteur vient, à tour de rôle, se faire poudrer ou poser un postiche. Tout est prévu à la mèche près. Un spectacle représente deux années de préparation et de coordination.

Flux tendus – À quelques jours de la générale, les répétitions se succèdent à un rythme effréné. Les chanteurs investissent la grande salle à la seconde même où le spectacle précédent vient de se terminer. L’opéra de Lyon, qui dispose d’un budget de près de 36 millions d’euros par an (dont 29 millions de subventions), cherche en permanence à optimiser sa salle. Entre septembre 2010 et juillet 2011, 57 opéras, 22 ballets et 10 concerts auront ainsi diverti 87 677 spectateurs.


A retrouver dans le magazine du 9 juin 2011 de L’Usine Nouvelle

Photo CC/ Flickr/ Pierre Guinoiseau

 

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