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1 500 personnes de plus ont pointé à Pôle emploi en février dernier prouvant qu’il est de plus en plus difficile de trouver un poste. Néanmoins, dans l’espoir d’inverser la tendance, cette institution publique encourage aussi la création d’entreprises en accompagnant les entrepreneurs.

« Sans des allocations chômages pour me permettre de vivre, je n’aurai jamais pu monter mon entreprise. La société qui m’employait précédemment a été mise en liquidation et mon licenciement économique a finalement été pour moi l’occasion de me lancer. »

Ce témoignage de Fabien Meaudre, fondateur de Le Baigneur, une entreprise de cosmétiques biologiques et éthiques pour hommes, est loin d’être isolé. Car, si le chômage peut être une période traumatisante, il peut aussi constituer une opportunité pour les entrepreneurs. Accompagnés par Pôle emploi, ces derniers peuvent ainsi s’offrir les moyens se lancer à moindre risques.

Et beaucoup tentent alors leur chance. D’après les chiffres nationaux, un tiers des créateurs d’entreprises (environ 550 000 personnes en 2013) sont des anciens demandeurs d’emploi (34%).

Une analyse du projet

Tout d’abord, l’institution aide dès les premiers pas, avec des ateliers pour 8 à 10 personnes qui permettent de mûrir son choix de lancer sa propre entreprise. Le premier module « Créer son entreprise, pourquoi pas ? », dure trois heures et a pour but de vérifier l’adéquation entre un potentiel créateur d’entreprise et son projet.

Puis, un second atelier est également proposé pour organiser son projet de start-up. En trois heures, les bases du business plan, de l’étude de marché au financement, sont balayées.

Une aide financière personnelle

Mais surtout l’aide appréciable pour tout jeune créateur d’entreprise est de pouvoir bénéficier de trois dispositifs : l’Accre, l’ARE (ou l’ARCE) et le Nacre.

Le premier, l’aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise (Accre) permet d’obtenir une exonération partielle et dégressive des cotisations sociales. Cet avantage s’étale sur trois ans pour un auto-entrepreneur et un an pour une société. Le dépôt de dossier pour cette aide doit se faire dans la limite de 45 jours après la date de création d’entreprise.

Une fois l’Accre obtenue, le demandeur d’emploi dispose de deux options : soit continuer à percevoir son allocation de retour à l’emploi ARE, soit obtenir une capitalisation de celle-ci, dite aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE). Cette dernière option permet, pour toute société créée depuis le 1eravril, de toucher 50% de son ARE comme apport en capital. Ce dernier se fait alors en deux fois, au moment de la création de l’entreprise puis six mois plus tard.

Si cette méthode permet d’avoir rapidement un moyen de financer une entreprise à fort potentiel, une majorité de créateurs privilégient de conserver leur allocation de manière régulière, afin de s’assurer un revenu régulier.

« J’ai choisi de garder l’allocation chômage  afin de pouvoir me rémunérer la première année et de me concentrer sur le lancement de ma start-up, explique Fabien Meaudre. À la fin de l’année d’allocation, j’ai dû travailler de nouveau, ce qui était plus difficile. Mais, j’ai pu, dans un premier temps, créer mon entreprise en ne faisant que ça et de manière relativement confortable.»

Un accompagnement sur trois ans

Enfin, l’Accre permet d’obtenir un autre type d’aide : le nouvel accompagnement à la création ou la reprise d’entreprise (Nacre) qui comprend une aide au montage du projet de création ou de reprise, à la structuration financière et au démarrage de l’activité.  Ce dispositif géré par la Caisse des dépôts et des consignations et le ministère du Travail est composé de trois phases:

  • La première permet de finaliser le projet.
  • La seconde, offre un prêt à taux zéro, de 1 000 à 10 000 euros sur 5 ans au maximum, obligatoirement couplé à un crédit bancaire complémentaire dont le montant et la durée doivent être supérieurs ou égaux au prêt d’honneur.
  • Enfin, l’accompagnement se poursuit pendant 3 ans, avec un rendez-vous au moins tous les six mois avec un mentor.
« Ces mentors sont des serials entrepreneur, des directeurs de banques ou encore d’ancien expert-comptable, qui peuvent apporter leur expertise à de jeunes créateurs d’entreprise, explique Medhi Bouraoude, conseiller Pôle emploi spécialisé dans la création d’entreprise. L’objectif est de ne pas les laisser isolé face à de multiples problématiques allant de la relation bancaire à la mutation de l’entreprise, en passant par toutes les démarches administratives«

Les associations prennent le relais

Les demandeurs d’emploi qui se lancent dans la démarche de création d’entreprise reconnaissent alors que l’aide de Pôle emploi, a fortiori les allocations qu’elles soient capitalisées ou non, est précieuse. Cependant, beaucoup se tournent ensuite vers le milieu associatif pour le financement de leur activité. En effet, alors que les banques peinent parfois à financer une activité naissante, les prêts à taux zéro sont adossés à un crédit bancaire.

« Je ne pouvais en effet pas bénéficier du financement Nacre car je n’avais pas obtenu de crédit bancaire, témoigne Fabien Méaudre. Mais mon conseiller Pôle emploi m’a redirigé vers l’Adie qui, elle, m’a accordé un micro-crédit de 2 000 euros à taux négocié et de 1  000 euros à taux zéro. »

Aujourd’hui, l’entreprise Le Baigneur affiche un chiffre d’affaires de 25 000 d’euros en 2013, soit le double de celui de 2012. Et son fondateur entend bien garder le même rythme de croissance en étoffant la gamme de produits cosmétique et en exportant ces derniers.

Que ce soit pour cette entreprise et d’autres startups, Pôle Emploi parie ainsi sur les entrepreneurs. L’objectif est qu’ils sortent non seulement des statistiques du chômage mais aussi, s’ils réussissent, dans l’espoir que ces derniers recrutent et créent les emplois de demain.


 

Cet article a été initialement publié sur Maddyness

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