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Investir dans des entreprises qui s’engagent dans une démarche responsable parrapportà leurs salariés ou qui développent les énergies de demain : l’idée séduit. Les Français misent de plus en plus sur les « investissements socialementresponsables» (ISR), un domaine dans lequel se sont engouffrés les fonds de gestion collective. L’ISR? Il consiste à intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise dans le choix des investissements composant Sicavet autres fonds. Pour autant, leurs performances sont en tout point comparables à celles des placements classiques. Les encours des fonds ISR sontainsi passés de 3,9 à 169,7 milliards d’euros entre 2003

et 2013, selon Novethic, une filiale de la Caisse des dépôts et consignations chargée de la promotion de l’ISR. Et les particuliers représentent presque letiers du marché, notamment parle biais de l’épargne salariale (voir encadré p. 62). « Il faut néanmoins faire attention à ce que l’on choisit en termes de gestion ISR car cette dernière n’est ni normée, ni définie », souligne Dominique Blanc, directeur de la recherche ISR chez Novethic.

Des exigences variables selon les sociétés de gestion En clair, tous les fonds ne sont pas pilotés selon la même philosophie. Chaque société de gestion peut édicter librementses critères ISR, selon ses

exigences propres et sa recherche de performance. Si de nombreux types de gestion coexistent, deux grandes écoles s’opposent actuellement. La première, dite «bestin class», consiste à classer des catégories d’entreprises par secteur d’activité età ne sélectionner que les meilleures élèves parmi chacune d’entre elles. Amundi utilise largement cette démarche pour ses fonds actions, notamment Amundi Actions Europe ISR, distribué au guichet de LCL et du Crédit Agricole. « Nous préférons encourager les acteurs de chaque secteur à s’améliorer plutôt que d’exclure des pans entiers de notre économie, comme le pétrole qui est pourtant nécessaire à la croissance française », commente Thierry Bogaty,

directeur d’Amundi Expertise ISR. D’autres acteurs préfèrent la seconde école: celle de l’exclusion, c’est-à-dire le retrait de toute entreprise ne répondant pasau cahier des charges. «A ce jour, aucune des compagnies pétrolières ne passe nos filtres de sélection et nous n’avons pas ces valeurs en portefeuille », illustre Anne-Laurence Roucher, directrice du développementet de la coordination chez Mirova, filiale de Natixis AM dédiée à la gestion ISR. Plus globalement, près de 20 % des sociétés européennes et 35% au niveau international sont écartées. La société de gestion Sycomore AM, qui propose deux fonds, trie encore plus drastiquement ses actifs. « Sur 650 entreprises qui entrent dans lespectre d’investissement de Sycomore AM, nous en excluons près de 75 % », explique Léa Dunand-Chatellet, géranteen charge de la stratégie ISR. Après un premier filtre sur des thèmes commeles conditions de travail, la gestionnaire exige que les sociétés soient actives dans deux des trois domaines suivants : la création d’emplois, le respect des droits des minorités et l’environnement. Ne reste alors qu’un panier de 180 valeurs dans lequel la gérante pioche 30 à 40 titres pour construire le portefeuille du fonds actions Sycomore Sélection Responsable. Outre les différences de méthode, chaque société de gestion propose de multiples produits, dontlesthématiques varient. Certains, à l’image de BNP Paribas, mettent en avant les fonds à

dominante environnementale, comme BNP Paribas Aqua… Pourvousfaciliter la tâche, Novethic appose un labelaux Sicav dont la gestion est validée ISR. La liste, remise à jour annuellement, est disponible sur Novethic.fr. En 2012, cetorganisme a même durci son label, en exigeant que les filtres appliqués excluentau minimum 15% des valeurs de l’univers d’investissement choisi. « Après cette modification, les fonds recevant le label sont passés de 160 à 104 », note Dominique Blanc. Problème : cela a provoqué un divorce avec Amundi, qui pèse pas moins de 40% du marché. La société de gestion refuse de postuler au label depuis le changement de méthodologie.

Choisir la thématique et les secteurs d’investissement Dans la pratique, épargner ISR demande un peu d’investissement personnel. N’hésitez pas à dresser votre propre cahier des charges pour rechercher le supportidéal (voir notre sélection ci-contre). Si vous privilégiez la lutte contre la corruption, vous favoriserez une gestion centrée sur la gouvernance. Si votre sensibilité porte plus sur l’écologie, recherchez un produit soutenant les démarches d’efficience énergétique… Posez-vous aussi la question des secteurs que vous refusez d’intégrer: alcool, tabac, armement, etc. Vous devrez donc faire l’effort de vous renseigner sur le contenu des fonds ISR. Demandez l’aide de votre conseiller bancaire !


Retrouver le dossier complet – Donner du sens à votre épargne dans MIEUX VIVRE VOTRE ARGENT / NUMÉRO 395/ DÉCEMBRE 2014

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