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La cartographie débarque dans l’aire du libre. Après les encyclopédies de type Wikipédia, les wikicartes font leur entrée sur le Net gratuit et collaboratif. Elles sont continuellement mises à jour par des internautes bénévoles rassemblés autour du projet OpenStreetMap.

Vous connaissiez Wikipédia, apprêtez-vous à découvrir les wikicartes! Après avoir fait la réputation de la fameuse encyclopédie en ligne, le savoir collaboratif, où chacun apporte sa pierre, s’étend aujourd’hui à la cartographie numérique. Du Vieux Continent au pays australien Down Under, la planète est peu à peu “mappée” par des internautes bénévoles. Ils nous offrent ainsi des renseignements géographiques gratuits, souvent très précis et parfois alternatifs, comme des cartes de trekking, les emplacements des toilettes publiques ou encore des adresses bios dans nos villes. Sous licence libre Creative Commons (CC-BY-SA), les cartes du projet OpenStreetMap peuvent être utilisées et modifiées librement par tous – et se posent, pour les plus complètes d’entre elles, en solutions de remplacement viables aux coûteuses cartes officielles des Navteq et autres Tele Atlas. Et elles s’adressent à tous: les utilisateurs occasionnels comme les possesseurs de GPS peuvent en profiter. Le globe-trotter les emploiera par exemple pour ses voyages, réalisant une économie de 45 à 100€ par pays traversé. Il suffit de les télécharger depuis le site de l’OpenStreetMap.

Le projet OpenStreetMap (ou OSM) est né il y a quatre ans à l’initiative du Britannique Steeve Coast; origine oblige, c’est l’Angleterre qui possède les cartes OSM les plus complètes. D’autres pays, comme les Pays-Bas, ont bénéficié d’aides importantes de la part d’entreprises et leurs cartes défient nombre de cartes du commerce. La France a un peu plus de retard. Paris et Dijon sont couverts, Lyon l’est à 95 % et les cartes de Toulouse et Rennes suivent le même chemin. Des corrections et mises à jour sont toujours nécessaires et le reste de l’Hexagone a besoin de la bonne volonté de contributeurs bénévoles.

Car tout le monde peut devenir mappeur : il suffit d’aimer se promener, et d’en profiter pour faire des relevés. De quoi occuper ses dimanches ! Les mappeurs collectent des données dites géomatiques. Ils enregistrent leur itinéraire avec un GPS et ajoutent les informations qu’ils souhaitent voir figurer sur la carte. Vincent Meurisse, un mappeur lyonnais, souligne la liberté et la richesse d’informations que cela implique. “La carte contient des routes, des pistes cyclables, des forêts, des magasins… Chaque objet contient lui-même des dizaines d’informations. Quelle autre carte propose ça ?” Frédéric Bonifas, un mappeur expérimenté, explique que “sur le terrain, l’utilisation du GPS est relativement simple. On allume l’appareil et il enregistre. 

Un vivier de cartes inédites

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les bénévoles ne possédant pas de GPS peuvent également participer. Yahoo ayant passé un accord avec OpenStreetMap, il est possible d’utiliser gracieusement, à la place d’un GPS, les photographies aériennes fournies par le portail. Une fois les données collectées, elles doivent être mises au format GPX (GPS Exchange Format). Elles sont ensuite exportées vers le site d’OpenStreetMap et sont corrigées ou complétées par d’autres contributeurs.

À l’instar de Wikipédia, chacun rejoint OpenStreetMap pour des raisons personnelles, souvent à la suite d’un besoin nonsatisfait par l’offre commerciale. Frédéric Bonifas voulait par exemple “réaliser un logiciel de navigation pour les cyclistes”. Pour cela, il avait besoin de données libres de droits. Si le projet de ce logiciel a été abandonné, lui a adhéré au projet de cartographie libre. D’autres, encore, utilisent OpenStreetMap à dessein artistique. Ils enregistrent des traces GPS qui forment les contours d’une image.

Sylvie, modératrice du forum GeoRezo (http://georezo.net), s’est pour sa part intéressée au projet non parce qu’elle est cartographe, mais pour partager sa passion de la minéralogie. Elle explique qu’il lui “fallait des cartes libres d’utilisation afin de localiser ses collections de minéraux”. Le conseil de Sylvie ? Commencer par une réunion de contributeurs, appelée “mapping party”, pour profiter de l’expérience de contributeurs chevronnés. Car, un peu comme dans le logiciel libre, dont le projet OpenStreetMap est proche, être mappeur consiste avant tout à faire partie d’une communauté: on n’est pas seul face aux difficultés techniques. Les mapping parties sont annoncées sur http://wiki.open streetmap.org/index.php/Current _events. Elles permettent souvent de terminer la cartographie d’une ville et de rencontrer les contributeurs autrement que par le biais de la communauté virtuelle. Une occasion de partager des bons plans.

 


Article publié dans Science et Vie Micro, en novembre 2008 : svm08nov_p58 + svm08nov_p59

 

 

 

 

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