Ce programme séduit des trentenaires issus de la finance traditionnelle, convaincus que les fintech constituent l’avenir de la finance.

« J’ai travaillé quatorze ans dans la banque de réseau, monté les échelons jusqu’à devenir chargé d’affaires pour les professions libérales de santé chez BNP Paribas. Mais il y a eu du changement dans les agences, avec moins de visibilité et de moins en moins d’opportunités. Comme les fintech semblaient constituer un renouveau porteur, j’ai sauté le pas. » En août 2017, Tiffany Tinperman négocie une rupture conventionnelle et rejoint Wake Up, une école permettant de se frotter à l’écosystème fintech en accéléré. Résultat : la jeune femme de 33 ans a créé WeFinUp, le « néo-courtier des TPE-PME ». Wake Up propose, durant six samedis consécutifs (pour près de 3.000 euros éligibles au compte personnel de formation), de découvrir des fintech, de rencontrer les fondateurs de ces start-up financières en petit comité tout en étudiant les bases du développement web et en prenant le temps d’aborder des questions de développement personnel. « Pour moi, ce fut non seulement un moyen de confronter mon envie à la réalité mais ce fut surtout un accélérateur de contacts, raconte Tiffany Tinperman. Il m’arrive encore de téléphoner à Olivier Goy, le fondateur de Lendix, pour parler d’une intuition, confronter une idée. »

La formation fait intervenir des personnalités connues du secteur, comme Caroline Lamaud, fondatrice d’Anaxago, Arthur de Catheu, fondateur de Finexkap, ou encore Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi. Anaïs Raoux, fondatrice de Wake Up, met à disposition son réseau en tant que déléguée générale de France Fintech, qui représente ce nouveau secteur professionnel. Sur cinq formations depuis 2017 – la sixième commence ce mois de juin –, pas moins de 75 professionnels de la finance cherchant à donner un nouveau sens à leur carrière ont été formés. « A ce stade, 67 % d’entre eux ont changé de métier, dont 37 % ayant créé ou rejoignant une fintech, 16 % évoluant vers de l’intrapreneuriat et 14 % étant en train de négocier un nouveau poste ou une rupture conventionnelle pour se lancer », précise Anaïs Raoux.

Nouvelle voie

De nombreux financiers trentenaires, à l’instar de Tiffany Tinperman, trouvent une nouvelle voie après une rupture conventionnelle. « Wake Up a été un catalyseur, me confortant dans ma prise de risque d’évolution de carrière », témoigne Christopher Larrondo, 32 ans. Ce cadre a quitté son poste de chef de projets SI finance au sein d’un grand groupe français avec l’objectif de rejoindre une fintech à des fonctions commerciales. « Mes premiers entretiens ont été intéressants sans pour autant déboucher sur une embauche, confie-t-il. J’ai alors mis en œuvre une stratégie entrepreneuriale enseignée durant la formation : j’ai proposé à Fin-Track des idées d’évolution de la plate-forme, comme l’aurait fait un consultant. » L’approche s’avère payante. En quelques semaines seulement, il rejoint l’aventure en tant que directeur des partenariats. « Pour moi aussi, la prise de risque a payé ! », déclare Pamela Wajsman qui a participé à la première promotion. Cette professionnelle avait pourtant suivi la voie royale : salle de marchés chez HSBC Paris, private equity chez Rothschild à Londres et banque privée chez Credit Suisse. « Mais après plusieurs années au sein de différents établissements bancaires, j’avais envie de changer les choses et de me positionner sur l’enjeu de la transition numérique », explique la jeune femme de 30 ans, devenue consultante en transformation digitale chez Twelve Consulting, avec des clients ayant le même profil que ses anciens employeurs. « Sortir de sa zone de confort est indispensable pour vivre une vie riche et épanouie », conclut-elle. Son confrère de la cinquième promotion, Benjamin Echalier, a lui aussi nourri cette envie… et a eu la chance de pouvoir la concrétiser chez son employeur. « Je reste chargé d’affaires à la Bred mais j’ai obtenu du temps pour développer de nouveaux projets, témoigne-t-il. Je participe à la création d’une nouvelle carte de paiement (à la fois physique et virtuelle) pour les TPE et PME. » Petit à petit, il compte bien devenir intrapreneur à temps plein. « Au comex, il y a une prise de conscience et un discours qui encouragent les démarches d’innovation, s’enthousiasme le « banquier intrapreneur » de 37 ans. Avoir suivi la formation de Wake Up me permet d’être identifié comme le candidat idéal pour initier ce genre de changement. »


Retrouvez l’intégralité de l’article en ligne ou dans l’Agefi Hebdo du 14 au 20 juin